Phil. P. , le premier Astroturfing / acte de Botting de la présidentielle

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Cela devait arriver. Je viens de dénicher le premier véritable acte d’utilisation de bots de la présidentielle française. Et celui-ci a bien pu influencer quelques études de statistiques quantitatives sur base des tweets. Décryptage.

Il s’appelle Phil P., il se dit responsable de bureau d’étude et est présent sur Twitter depuis à peine 3 mois. Je l’ai d’abord repéré par rapport à un nombre important de retweets dans mes panels politiques.  Je trouvais cela assez étonnant qu’il ait plus de 1200 retweets à son actif pour un simple tweet politique.

Et pour cause, il est évident qu’il a acheté des followers sur Twitter :

Le profil est assez facile à déceler quand on regarde ses tweets puisqu’il retweete assez souvent Marine Lepen

Quand il ne tweete pas les articles de Fdesouche :

Ou dans les comptes qui ont fait partie de ceux qui ont propagé le phénomène Ali Juppé :

En rassemblant ses tweets sur la Primaire, on remarque clairement le montage :

En regardant les personnes qui ont retweeté les différents tweets, on voit clairement qu’il s’agit de robot ou de vrais comptes payés par les plateformes de revente :

À côté de ces comptes qui sont clairement des comptes achetés, on retrouve également ce genre de compte :

J’évalue son nombre de comptes différents faisant l’apologie de Trump, du FN, etc. à pas moins de 135 comptes !

 

Comment ?  

  • Pour le qualitatif via ses 135 comptes, Il utilise une technique que j’ai déjà débunk ici : « Comment un jeune troll atteint-il les trending topic ? »  à savoir l’utilisation de multiples comptes et d’un tweetdeck qui envoie via tous les comptes le même tweet/retweet. La technique est la même. Ils tweetent tous à la même seconde depuis Tweetdeck.
  • Pour le volume de quantitatif, il a acheté ses followers et ses retweets dans des usines à followers/RT. Seulement, le tarif de ce genre de service est devenu assez élevé :

Il a donc dû dépenser entre 1000 et 2000 euros rien que pour ce mois-ci.

Pourquoi ? 

  • Lorsqu’on regarde un hashtag via l’application Twitter, le nombre de tweets est de plus en plus filtré pour ne pas nous inonder de messages. Apparaissent essentiellement dedans les tweets venant de comptes ayant une certaine autorité. (nombre de followers/comptes certifiés)  Cela permet donc d’être plus visible.
  • Cela donne une illusion de majorité qui est un principe utilisé dans la théorie du « bandwagon effect », soit le fait de suivre une majorité.
  • À l’heure où l’on publie de nombreuses études sur les réseaux sociaux, cela permet d’influencer fortement les dashboards comme les nuages de mot, et autres.
  • Les comptes Tweetdeck peuvent permettre de placer un élément en trending topic comme je l’ai démontré avec le jeune troll.

En tout cas cela prouve que l’influence par le Web est bien une préoccupation.