Numéricable

Une campagne est lancée par Numéricable dans différents quotidiens. Celle-ci est d’une misogynie évidente.

Cela a le don de montrer deux choses:

  • Ceci n’est pas un fake. Avoir plusieurs exemplaires d’une même publicité en moins de 5 heures relève presque de l’impossible.
  • L’indignation est multiple.  L’indignation n’a pas une origine qui est commune, à savoir un tweet central qui aurait acquis une visibilité par le relais. Et pour cause, je ne cesse de le répéter à travers mes tweets : les crises de valeur féministe sont extrêmement virales. Leur groupe est très communautaire et il suffit d’un tweet d’un membre de leur communauté et la viralitée est en marche
  • Il était évident que cette publicité allait créer des remous. La multiplicité des screenshoot, la virilité soudaine, tout est évident.
  • L’agence de communication à la baguette est, il me semble, la même que celle de Carambar ( Fred & Farid).
  • Tout cela se passe un lundi de rentrée aux affaires, « ca alors ! ».  Le fait que cela puisse être LE PREMIER BAD BUZZ DE L’ANNEE , augmente encore la viralitée
  • La valeur de féminisme, véritable huile sur le feu, ne laisse que très peu de doute.
  • Le silence de la marque, continuant à tweet sur toutes les choses sauf sur celle-ci montre un désir évident de laisser couler et viraliser la situation.

Il s’agit d’une crise spontanée.

À partir de là, deux choses peuvent être mentionnées:

  • Il est dommage que l’on en soit arrivé à « good ou bad buzz, du moment que l’on parle de moi ».
  • Il est dommage que des marques ou agences de publicité continuent de penser que se sacrifier sur l’autel du féminisme est un maigre prix pour la visibilité créée. Cela montre l’état de la misogynie d’un certain secteur qui ne pouvant pas utiliser la nostalgie , et voulant se créer un faux bad buzz, se dise que l’on va faire rire en lâchant un truc bien sexiste, les coincés s’offusqueront, les autres riront aux éclats. Pour preuve:

Vous verrez d’autres commentaires du genre sans trop de souci.

La défense sera évidente: dire que l’on voulait jouer sur les clichés plus que s’attaquer aux femmes,  « nous nous excusons que cela ait pu créer des remous, nous ne nous attendions pas du tout à cela ». Numericable prendra ainsi les gens pour des cons pendant que ceux-ci s’époumoneront dans leur indignation, le temps passera et tout le monde passera à d’autres émotions, faisant voguer tout ce beau monde dans le champ de l’éphémère tandis que Numericable se masturbera sur le nombre de kilo de tweets échangés au lieu de regarder son chiffre d’affaire : bad ou good buzz, du moment qu’on parle de moi.

S’il restait, 1% de chance que la campagne n’ait pas été conçut pour le bad buzz, elle vient de s’envoler. On est là typiquement dans la gestion déjà prévue.

Pour rappel, la marque ne souhaite pas répondre aux demandes des journalistes, encore et toujours pour laisser continuer la viralité.

Avec ce message, toujours pas d’excuse, aucune réponse aux internautes, rien. Tout cela pour faire continuer les paroles, mais en disant  » vous voyez, on avait prévu aussi les mecs. »

Du coup, il ne reste plus que les féministes pour attaquer la marque, étant donné que le spectre du rire vient d’être invoqué: celui-là même que l’on utilise pour Dieudonné. Celui-là qui renvoie tout personne voulant se dresser contre la publicité dans le camp des bobos bien-pensants et sans humour. « Pete un coup, ça te fera du bien ».

Seront ensuite invoqués au nom d’une simple phrase, au nom d’une publicité, au nom d’une marque, les dieux du rire Coluche, Desproges ou Bedos. « Ils ne pourraient plus faire aucun sketch aujourd’hui ». Ah triste époque.

Enseignements

  • Confirmation du phénomène des crises spontanées que j’avais déjà théorisé en avril.

Caractéristiques

Marque Numericable
Origine Service communication
Secteur d'activité Télécommunication
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