La gauche française se cherche un champion. Raphaël Glucksmann semble vouloir endosser le costume, mais la fébrilité est palpable.
Les sondages présidentiels se ressemblent : le RN caracole entre 30 et 37%, Édouard Philippe tourne autour de 16-17%, et la gauche se partage les miettes (Mélenchon et Glucksmann au coude-à-coude autour de 11-12%) L’extrême droite n’a jamais été aussi haute. La gauche n’a jamais semblé aussi bas.
Dans le même temps, des thématiques écologistes et sociales semblent en perte de vitesse : nucléaire, pesticides (malgré une nouvelle étude des lobbies) , voitures thermiques, etc. Toutes ces thématiques ont shifté. Alors est-ce que c’est une impression de l’esprit ou une réalité ?
Executive Summary
- Les médias sont passés de 53% à 61,5 % de couverture des sujets de droite depuis 2024 : l’immigration, l’ordre et l’autorité ainsi que le protectionnisme sont particulièrement en tête de piste depuis ces deux dernières années. (Contre le pouvoir d’achat et les retraites)
- Des thématiques clés comme la retraite ou le pouvoir d’achat, après avoir connu des pics énormes et quelques remontées concernant la retraite, ont complètement disparu. C’est encore plus vrai pour le pouvoir d’achat.
- La gauche n’a pas perdu la bataille culturelle, elle a quitté le terrain. Elle ne publie plus depuis deux ans, ou elle le publie à de mauvais endroits avec très peu de visibilité ou très peu d’impact. On est passé de 37 % de publications sur des thématiques de gauche (2022-2024) à 29,8 % (2024-2026)
- L’impact de Trump sur les sujets discutés est énormissime : en janvier 2026, le protectionnisme SEUL génère deux fois plus de publications que TOUTES les thématiques de gauche réunies (13 465 vs 6 918).
I. L’étude : toutes les thématiques de gauche sont en baisse de vitesse médiatique et sur les réseaux sociaux
Pour répondre à cette question, nous avons utilisé follaw.sv , notre outil maison auquel vous avez accès gratuitement pour analyser 36 millions de publications sur les réseaux sociaux entre avril 2022 et janvier 2026, à travers un panel de 20 000 comptes influents : journalistes, responsables politiques, militants, lobbies, influenceurs.
Et les constats sont d’une limpidité, jugez plutôt à travers plusieurs types de panels :
- Le premier type de belligérant : les politiques
- Le deuxième type de belligérant : les lobbies
- Les journalistes et les médias, de loin le panel le plus intéressant pour voir le résultat de la bataille
- Un global avec tous nos acteurs (on rajoute donc la société civile et les experts)
Sur ces axes, on a travaillé des requêtes sémantiques autour d’un certain nombre de sujets qu’on a considérés comme :
- De gauche : Environnement & nucléaire, pesticides, pouvoir d’achat, LGBTQ+, Féminisme et retraite.
- De droite dure : immigration, tout ce qui est critique du wokisme, ordre et autorité, protectionnisme, transmission de l’identité / roman national, assistanat, Islamisme et retraite
Le tableau est interactif, vous pouvez cliquer dessus.
Donc ce que l’on voit, ce sont et là on voit bien qu’à la fois les théories de droite sont en surexposition et plutôt en tendance par rapport aux thématiques de gauche qui ont tendance à se tasser. Le constat est encore plus fort depuis 2023. Le fait pour le rassemblement de s’être approprié la thématique des retraites est vraiment très fort parce que quelque chose qui aurait pu être catégorisé comme étant de gauche, l’est du coup aussi sur l’extrême droite et avec des thématiques pour l’extrême droite comme l’immigration, comme le patriotisme qui sont extrêmement présentes au sein des médias. En chiffre cela donne :
- Les thématiques de gauche s’effondrent : hors retraites, qui est un cas à part. Le pouvoir d’achat passe de 10 345 publications mensuelles en moyenne en 2022 à 3 285 en 2025 : -68%. Le nucléaire chute de 53%. Les sujets LGBTQ+ de 19%. Le féminisme de 13%.
- Les thématiques de droite explosent. Le protectionnisme bondit de +294% entre 2022 et 2025. L’immigration de +73 %. L’assistanat de +48%. L’ordre et l’autorité de +37%. L’islamisme de +26%
En janvier 2026, le protectionnisme seul génère 13 465 publications dans notre panel.(Merci Trump) Les thématiques de gauche réunies (nucléaire, pesticides, pouvoir d’achat, LGBTQ+, féminisme) n’atteignent que 6 918. Le rapport de force est de 1 à 2.
De manière générale, les médias abordent sensiblement plus, entre parenthèses, 53,4 % des thématiques de droite. Cependant, depuis 2024, le constat est extrêmement interpellant puisqu’il y a eu 61,6 % de thématiques de droite parmi les journalistes et médias.
Chez les politiques, on observe plus ou moins le même phénomène avec, dans un premier temps entre 2022 et 2024, 63 % de thématiques de droite. Or entre 2024 et 2026, on passe à 70 %.
Et donc indépendamment même de ce que le public a comme préoccupation et de la manière dont l’opinion est transmise, ça veut donc dire qu’un panel qui est constitué en grande partie de politiques, en de lobbies et de médias, eux-mêmes ne publient plus sur ces différents axes ou le publient de manière très sporadique, comme s’il fallait juste cocher des cases, mais pas mener campagne autour de vos enjeux.
À cela s’accompagne évidemment un exode de la plupart des parties prenantes vers des réseaux avec très peu d’influence, globale et sociétale, qui font en sorte qu’il y a très peu de reprises contribuant à faire en sorte que la bataille culturelle se perd.
Il y a manifestement eu du grippage dans la machine. Alors à quel moment ?
Biais de l’étude : guide de lecture des résultats
Nous fonctionnons avec un panel de 20 000 personnes qui ne constitue pas une représentation fidèle de l’opinion publique. C’est une représentation fidèle de l’Agora et des personnes qui aujourd’hui construisent les corps intermédiaires de la part souction de l’opinion
Les publications sur X, comme les retweets de la part de quelqu’un du panel, sont comptées en compte, alors que les autres réseaux sociaux qui sont peut‑être plus à gauche et où le mena est davantage mené, ne sont pas pris en compte d’un point de vue partage
La sélection des thématiques au départpeut être sujette à caution sur ce que représente les axes et l’ossature des courants idéologiques. Cela dit, dans la mesure où l’on prend deux périodes exactement pareilles, on a un thermomètre qui donne des indications et, vu les écarts de pourcentage, il y a peu de doute sur bon nombre de constats que nous relevons dans cette étude.
Les thématiques ne sont pas identifiées par un humain. Elles sont nées de requêtes sémantiques autour de mots-clés et d’idiomes très précis. Cependant, la plupart des requêtes sont assez précises avec un fort nombre de mots-clés ; cela reste néanmoins un biais à prendre en compte dans la lecture des résultats. Par exemple, sur les problématiques du féminisme et du sexisme, il y a quand même un certain nombre de choses qu’il est difficile d’appréhender dans toutes ses composantes. Là aussi, par contre, lorsqu’on compare deux périodes (2022/2024 vs 2024/2026) on compare finalement les mêmes biais.
Durant les deux dernières années, la vidéo a pris une place beaucoup plus importante et prégnante au sein des publications sur les réseaux sociaux. Or, ces publications, si elles n’ont pas fait l’objet d’un commentaire écrit qui catégorise sémantiquement le message, il peut très bien y avoir des publications relatives à des thématiques que l’on ne capte pas.
II. Prenons une perspective historique : de la gauche vers des marchés de niche idéologique tandis que l’extrême droite va vers la masse
1) L’utopie originelle : quand Internet devait tout changer
Il y a vingt ans, les réseaux sociaux n’existaient pas. Facebook naît le 4 février 2004 dans une chambre de Harvard, Twitter le 21 mars 2006 à San Francisco.
Les mouvements sociaux, les associations, les militants trouvent enfin un espace où ils peuvent s’organiser sans dépendre des médias traditionnels.
En 2008, Barack Obama transforme cette promesse en machine électorale. Il recrute Chris Hughes, cofondateur de Facebook, et bâtit une plateforme MyBarackObama.com qui rassemble deux millions de membres. Levée de fonds décentralisée, mobilisation militante coordonnée, viralité maîtrisée : c’est la première campagne présidentielle du XXIe siècle et elle porte la marque du social.
Dans le même temps, les ONG et associations découvrent le pouvoir du bad buzz. En mars 2010, Greenpeace lance une campagne contre Nestlé et son Kit Kat contre le fait que l’huile de palme utilisée contribue à la déforestation en Indonésie. Une vidéo parodique devient virale. Deux mois plus tard, Nestlé cède et s’engage à modifier ses approvisionnements. C’est une démonstration de force : une ONG, sans budget publicitaire, vient de faire plier une multinationale grâce aux réseaux sociaux. Tout le monde s’investit
En France, la gauche prend le train en marche. Elle met en place les « Riposte Party ». Le principe ? Rassembler physiquement des militants pour produire du contenu numérique de manière coordonnée. On se retrouve, on définit les messages du jour et on inonde les réseaux. Les cellules de riposte du PS installent une forme d’hégémonie à gauche sur Twitter. La droite observe, apprend, et prépare sa riposte.
Le 16 février 2012, au lendemain de l’annonce de candidature de Nicolas Sarkozy, un compte Twitter apparaît : @MadameMichu. Derrière ce pseudo anodin se cache Jean-Baptiste Doat et un projet méthodique baptisé « Team Michu ». La stratégie ? Créer une vingtaine de comptes apparemment apolitiques (météo, musique, actualités légères) pour capter des abonnés, puis les politiser progressivement. Objectif affiché pour 2017 : un million d’abonnés agrégés via ces comptes « neutres », convertibles en relais d’opinion.C’est artisanal, presque naïf vu d’aujourd’hui.
La gauche, au sens large (partis, syndicats, associations, mouvements sociaux) tient le terrain numérique.
Et rapidement, l’illusion laisse place à deux réalités :
a) Les extrêmes publient plus
À l’époque, la promesse est limpide : démocratiser la parole. Jusqu’ici, pour s’exprimer publiquement, il fallait soit posséder un média, soit convaincre un média de vous donner la parole. Internet change la donne. Chacun a désormais un incroyable pouvoir : n’importe qui peut publier n’importe quoi. Sauf que ce pouvoir, il n’a pas été utilisé de la même manière par tous les publics.
Dès 2013, Gérald Bronner tire la salle d’alarme en pointant le fait que si l’on considère que le fait de publier des contenus est un marché cognitif, alors la somme des produits que l’on nous propose venant des extrêmes est supérieure à celle de la rationalité. Pour une raison très simple : nous n’avons pas pris ce pouvoir en main sur la chose politique. Là où les personnes extrêmes ou proselytiste, convaincues de leurs propos, convaincues de leurs idées, et dans le désir que ces idées soient partagées, eux sont particulièrement et bien plus actives.
b) Les autoroutes de l’information sont des briseuses de démocratie
Ensuite, les algorithmes qui font transiter les messages d’une personne à une autre sont axés sur l’engagement. Or, l’engagement, ce n’est pas comme une salle de rédaction qui va sélectionner des contenus selon leur importance sociétale, leur importance politique et autres, mais qui va les sélectionner sur le fait que cela engage, fait réagir et maintient l’attention. Ce critère de l’attention va surpromouvoir des contenus faciles, accessibles, relativement et facilement compréhensibles, et donc favoriser l’hyperpropagation des contenus extrêmes.
Les réseaux sociaux ont un marché où l’attention est la monnaie, et où ce qui capte l’attention, c’est rarement la nuance. Les algorithmes amplifient ce qui génère de l’engagement. Et ce qui génère de l’engagement, c’est ce qui choque, indigne ou conforte des biais préexistants.
Et ces deux mouvement très forts vont ne faire que grossir. À partir du milieu des années 2010, la droite et l’extrême droite passent à l’échelle supérieure.
c) La structuration des mouvements d’extrême droite sur les réseaux sociaux
Fort de cela, l’extrême droite a continuellement évolué :
La phase de réinformation : elle commence au milieu des années 2000 avec des sites comme Fdesouche en 2005, puis Boulevard Voltaire en 2012, mais aussi Riposte Laïque, Dreuz Info. L’idée, c’est de créer des médias alternatifs pour contrer ce qu’ils perçoivent comme un biais des médias mainstream. On fabrique ses propres contenus, on propose une lecture identitaire et conservatrice de l’actualité. Le public reste restreint : des militants déjà convaincus, des cercles relativement fermés.
Le problème de cette approche, c’est que ça créait les premières bulles d’informations, à savoir un groupement de fidèles, très peu connectés avec le reste des réseaux.
La phase de curation : On ne crée plus forcément du contenu original. On reprend l’actualité des médias mainstream, on la réagence, on la rééditorialise. La logique change : ce n’est plus « voici notre vérité alternative », c’est « regardez ce que les médias disent, mais voyez ce qu’ils cachent ou minimisent ». Le courant est clairement incarné par FrDeSouche. Parallèlement à ça, il y a une opération de masse de commentaires dans les sections de commentaires d’articles de presse sur un certain nombre de forums clés de Fort Trafic dans le but de montrer une surexposition des contenus extrêmes. Cette surexposition va conduire à la fermeture de la plupart des services de commentaires des médias de presse en ligne, qui n’arrivent plus à juguler ces forts rapports de production. Une technique d’astrotufing.
Le problème de cette phase était que cela manquait d’incarnation avec une culture du pseudonymat massive.
La phase du fake et de la fausse influence : c’est la période vers l’élection de 2017 durant laquelle ils vont investir massivement dans des opérations de désinformation, et vont faire de l’astroturfing, incarné à l’époque par Philippot et son directeur de cabinet. Avec la défaite de 2017 et l’écartement de Philippot, cette stratégie a été complètement abandonnée.
Plombé par un mauvais débat et une succession de fake news ratées, Marine Le Pen s’effondre dans les scrutins en l’espace d’une semaine.
La phase du grand public On voit émerger des cellules de riposte coordonnées et surtout une nouvelle génération de figures YouTube et Instagram : Papacito, Le Raptor, Thaïs d’Escufon, Julien Rochedy. Ils cherchent la viralité, le format court, l’émotion. Ils utilisent les codes de la pop culture, l’humour, la provocation. Ils parlent aux jeunes dans leur langage.
Cela a été le début de la stratégie d’incarnation grand public avec des résultats assez bons.
La quatrième phase dans laquelle nous nous trouvons, c’est celle de l’industrialisation. Aujourd’hui, on passe à des logiques de mass media avec Pierre-Edouard Stérin et son Projet Périclès de même qu’avec Bolloré et ses rachats médiatiques.
On rachète des médias établis, on finance des formations, on coordonne une stratégie qui vise à la fois les jeunes et les vieux, les niches et la masse. C’est une occupation systématique du terrain.
- D’un côté, les rachats médiatiques. Vincent Bolloré construit un empire qui aligne CNews, Europe 1, le JDD, Canal+. La ligne éditoriale se droitise.
- De l’autre, une stratégie numérique ciblée sur les jeunes. Pierre-Édouard Stérin, milliardaire catholique conservateur, lance le « Projet Périclès » : 150 millions d’euros sur dix ans pour faire gagner les droites. Les acquisitions s’enchaînent : Cerfia (1,2 million d’abonnés sur X, 9 milliards de vues en 2024), Explore Media (12 millions de followers), Neo, L’Incorrect, Valeurs Actuelles. En janvier 2025, Street Press recense 24 structures de droite et d’extrême droite financées par Stérin.
Au final, entre la gauche et l’extrême droite, c’est une différence massive de stratégie :
- L’extrême droite cherche la masse. Leur objectif, c’est le vote. Donc ils vont là où sont les gens : les grandes plateformes, les sujets qui parlent à tout le monde comme l’immigration, la sécurité, l’identité. Ils simplifient le message pour toucher le plus grand nombre.
- La gauche, elle, s’est repliée vers des microcommunautés organisées autour d’intérêts spécifiques. On se regroupe par affinité thématique : féminisme d’un côté, LGBTQ+ de l’autre, climat ailleurs, antiracisme encore ailleurs. On parle à des gens déjà convaincus, on cultive une forme d’entre-soi. L’objectif n’est pas clair. (sensibilisation, éducation, affirmation identitaire ?) Le micro-targeting peut être très intéressant, mais il doit viser les interstices relationnels de la société. Les ONGS, elles sont rentrées dans des logiques d’activisme basique : on fait désormais des campagnes pour récolter des fonds, pour sensibiliser sans jamais construire de stratégie aux endroits stratégiques et politiques. Notre étude sur le Social Impact Score sur les lobbies était ainsi éloquente. Les militants ont progressivement déserté les grandes plateformes jugées trop toxiques, trop polarisées et trop fatigantes. Beaucoup ont migré vers des microsphères plus confortables : Mastodon d’abord, Bluesky ensuite. Des espaces où l’on se retrouve entre soi, où le débat est plus apaisé, où l’on n’a pas à subir le harcèlement. Mais où finalement on ne mène plus la bataille.
III. Alors comment faire ?
Publier pour renouveler leur audience
Une des grosses explications des baisses est justement que les politiques ne publient plus autant qu’avant sur leurs axes, ne se contentant que de réagir ou de participer à des événements. Ils ont aussi un certain nombre d’audiences vieillissantes incarnées par des followers qui ne les suivent plus, qui ne sont plus présents ou plus inscrits, et qui dès lors ne peuvent plus voir leurs messages. C’est d’ailleurs assez édifiant lorsqu’on regarde le nombre d’impressions réelles qu’ont certains politiques par rapport à leur message.
Avoir une approche micro-targetée non politique
Cela consiste à mapper les maillons essentiels de la société qui structure l’électorat de la classe moyenne. Idéalement dans des formats non politiques pour installer un autre discours et rencontrer de nouveaux réseaux pour redynamiser les cercles et apporter la politique à des endroits non préemptés. A la fois pour la rentrée informationnelle et pour l’impact. Il y a une démarche entrepreneuriale qui est indispensable et, pour ce faire, il y a un manque de ressources humaines pour la réaliser.
Réinvestir le terrain de la bataille culturel
En réalité, des réseaux comme X n’ont jamais disparu du schéma d’influence traditionnel : il n’y a aucun autre réseau où la plupart des informations circulent de manière aussi ouverte et dont le contenu peut être trouvé rapidement par un journaliste et circuler de manière extrêmement rapide.
Tant que ce sera un fait comme celui-là, X est et restera indispensable à toute stratégie de bataille culturelle. Alors bien sûr, en dehors de X, il y a le grand public, la sensibilisation et les moyens de structurer des audiences extrêmement intéressantes.
Mais pour les ONG et les politiques, c’est relativement indispensable. Une des raisons principales de ce constat tient également à l’accessibilité des données au-delà des journalistes, mais aussi dans le cadre des rapports qui sont reçus par les états-majors ainsi que par les ministères.
Ces rapports sont construits avec de la donnée sociale. Aujourd’hui, les réseaux de manière générale sont scrappables, mais de manière limitée. (un mot clé, non-exhaustivité, caractère privé de pas mal de conversations, etc.) On atteint rapidement des limites puisqu’il faut choisir un mot‑clé et donc avoir relativement peu de dynamisme dans ce que l’on peut étudier.