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Le fact-checking d’entreprise sur X, est-ce que ça marche ?

Nicolas Vanderbiest 27 octobre 2026 · 14 min de lecture

Entre fin mars et début avril 2026, le compte presse de TotalEnergies sur X, @TotalEnergiesPR, change de nom. Il devient « TotalEnergies News & Fact Checking ». Le rythme démarre le 23 juillet.

Nous avons repris ces 25 corrections et, en face, les 25 posts qu’elles corrigent : leurs vues, et qui les a relayés. Nous avons posé sur une carte les comptes qui ont réagi, reliés par leurs abonnements. Nous avons lu une à une les 2 161 réponses et citations, et cherché ce que la presse en a fait. Cet article donne l’analyse ; la vidéo de l’étude raconte l’histoire.

L’essentiel en six chiffres

  • 11 corrections sur 25 font plus de vues que le post qu’elles corrigent.

  • 132 comptes en commun, 1,3 %. Entre ceux qui relaient les posts corrigés et ceux qui relaient les corrections, les deux foules réunies.

  • 54 % et 39 %. Les relais des corrections viennent de la droite libérale et identitaire, puis des libéraux. La gauche : 2 %.

  • 7 % à gauche. 38 réponses et citations venues de la gauche sur 508 approuvent la correction.

  • 0 sur 22. Aucun compte corrigé ne rectifie. Plusieurs se servent de la correction pour contre-attaquer.

  • 3 % puis 56 %. La part de la droite libérale et identitaire chez les anciens abonnés du compte, puis chez les 6 000 plus récents.

Relevés ReputatioLab, X, 24 mars au 17 octobre 2026.

Comment le compte de Total corrige-t-il ?

Entre le 24 mars et le 5 avril 2026, le compte presse de TotalEnergies devient « News & Fact Checking ». Extrait de la vidéo de l’étude, comme toutes les boucles de cet article.

Une correction, pour nous, c’est un post sur le compte, une citation ou une réponse, qui conteste ou rectifie l’affirmation d’un tiers. Sur 29 citations et réponses lues une à une avec le post visé, 25 sont des corrections : 14 citations, 11 réponses. Les 4 autres n’en sont pas (une citation du compte principal du groupe, une suggestion, deux citations qui ne contestent rien). Les 25 corrections visent 22 comptes.

Avant l’été, le compte corrige peu. Le 7 avril, il cite @Brevesdepresse sur les superprofits des pétroliers. Les 17 et 18 juin, jour et lendemain de l’audition de Patrick Pouyanné à l’Assemblée, il fait quatre réponses. Le 29 avril, Jean-Luc Mélenchon écrit « Total se gave sur la guerre » (188 000 vues), le 1er mai « Total doit passer à la caisse » (230 000). Pas de réponse.

Le 23 juillet, cinq corrections en un jour : Éric Coquerel, Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon, Thomas Portes et François Ruffin.

Sur le papier, la recherche ne lui donne pas beaucoup de chances. Une correction venue d’une source jugée peu fiable ne marche pas (Ecker et Antonio, 2021). Le fact-checking a un effet modeste, qui baisse quand l’opinion est déjà faite (Walter et ses coauteurs, 2020). Et un démenti circule surtout chez ceux qui étaient déjà d’accord (Zollo, 2017). Pour Total, tout est réuni : l’entreprise corrige sur elle-même, des chiffres politiques, face à des adversaires.

Les trois conditions que la recherche juge défavorables : Total se corrige sur lui-même, sur des chiffres politiques, face à des adversaires.

Les corrections de Total sont-elles vues ?

Oui, et c’est là que Total tient tête. Le 15 septembre, Jean-Luc Mélenchon accuse : on voudrait faire croire que Total ne fait pas de bénéfices en France. 1,29 million de vues. Le lendemain matin, Total répond point par point. Sa correction fait 2,96 millions de vues, plus du double.

Le post de Jean-Luc Mélenchon du 15 septembre, puis la correction de Total : plus du double des vues.

Ce n’est pas un cas isolé. Dans 11 cas sur 25, la correction fait plus de vues que le post qu’elle corrige. Les contre-exemples existent : la vidéo d’une station « vandalisée » publiée par @FocusMedia_Fr fait 1,17 million de vues, le démenti de Total 167 000. Et les réponses aux élus restent en général loin derrière le post visé : 4 000 vues contre 35 000 sous le post de Bally Bagayoko, 3 000 contre 32 000 sous celui de William Martinet, 2 000 contre 23 000 sous celui de François Ruffin.

Les 25 paires, post corrigé et correction : 11 fois sur 25, la correction passe devant.

Le post corrigé contre la correction de Total, en vues

Post corrigéCorrection de Total

Les 11 cas sur 25 où la correction fait plus de vues. Chaque ligne est à sa propre échelle.

  1. Jean-Luc Mélenchon, 15 sept.1,29 M2,96 M
  2. Gabriel Zucman, 27 juil.1,2 M2,05 M
  3. @Brevesdepresse, 7 avril518 k857 k
  4. Jean-Luc Mélenchon, 13 oct.699 k862 k
  5. Fabien Roussel, 22 sept.397 k563 k
  6. LCP, 13 oct.158 k455 k
  7. @BMoon_bee, 16 sept.134 k388 k
  8. @BillotSyl, 16 sept.81 k232 k
  9. Sud Radio, 13 oct.61 k69 k
  10. FI Assemblée, 17 juin7 3688 599
  11. Matthias Tavel, 13 oct.4 8144 937

Et quatre cas inverses, parmi les 14 autres

  1. @FocusMedia_Fr, 10 sept.1,17 M167 k
  2. @Divs_King, 18 sept.977 k449 k
  3. Jean-Luc Mélenchon, 23 juil.615 k360 k
  4. Bally Bagayoko, 24 juil.35 k4 000

Relevés ReputatioLab, X, 24 mars au 17 octobre 2026. La date est celle du post corrigé.

Parfois, Total donne même de l’audience à ce qu’il conteste. Le 13 octobre, le post de LCP n’avait que 5 retweets. La correction en fait 1 170, avec 455 000 vues contre 158 000. Sud Radio avait 7 retweets, la correction 310. En fait, dans ces deux cas, Total a fait circuler une affirmation que presque personne n’avait partagée.

LCP et Sud Radio : 5 et 7 retweets avant que Total ne les corrige.

Les corrections atteignent-elles ceux qui ont cru l’information ?

Une correction sert à atteindre ceux qui ont cru l’information fausse. Nous avons donc comparé deux foules : les 5 147 comptes qui ont retweeté les 25 posts corrigés, et les 5 028 qui ont retweeté les corrections. Elles ont 132 comptes en commun, 1,3 % des deux foules réunies.

En rose, ceux qui ont relayé les posts corrigés ; en bleu, ceux qui ont relayé les corrections. 132 comptes en commun.

Cas par cas, c’est pareil. Sur environ 1 000 retweeteurs de chacun des posts de Jean-Luc Mélenchon, 1, 6 et 5 ont aussi retweeté la correction. Gabriel Zucman, 5. Fabien Roussel, 2. Éric Coquerel, 0 et 0. @BMoon_bee, 0 sur 998.

Les deux publics ne se suivent pas non plus. Les 3 050 comptes qui ont retweeté les posts de gauche corrigés adressent 1,3 % de leurs abonnements aux 4 863 comptes de la carte qui ont relayé les corrections, et 66 % n’en suivent aucun. Sur la carte, ce sont deux nuages séparés, reliés par une mince zone de réponses : le schéma que décrivait Zollo en 2017. Et 85 % des comptes qui relaient une correction ne sont même pas abonnés au compte de Total.

Carte des comptes qui ont réagi aux corrections de TotalEnergies et aux posts corrigés, reliés par leurs abonnements
Chaque point est un compte, relié aux comptes qu’il suit. En bleu, ceux qui ont relayé une correction ; en orange, ceux qui ont répondu ou cité ; en rose, ceux qui ont relayé un post corrigé. La carte dessine 8 962 des 10 184 comptes mesurés. Relevés ReputatioLab.
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Qui fait circuler les corrections ?

La droite et les libéraux. Sur les 5 028 comptes qui relaient au moins une correction, 54 % appartiennent à la droite libérale et identitaire, 39 % aux libéraux et commentateurs, 2 % à la gauche. Les citations font exception : 31 % viennent de la gauche, pour contester.

Qui retweete les corrections : la droite, les libéraux, presque aucun compte de gauche.

Qui fait quoi, par communauté de la carte

Droite libérale et identitaireLibéraux et commentateursGauche insoumiseMilitants insoumisHors carte

  1. Retweetent une correction5 028 comptes54 %39 %
  2. Répondent à une correction1 173 comptes47 %25 %21 %
  3. Citent une correction401 comptes36 %31 %31 %
  4. Retweetent le post corrigé5 147 comptes38 %25 %21 %14 %

Relevés ReputatioLab, X, 24 mars au 17 octobre 2026. Réponses : la gauche réunit gauche insoumise et militants. Les parts non classées restent en blanc.

Les deux familles ne relaient pas de la même manière. Les libéraux et commentateurs forment un véritable réseau : chacun suit en moyenne 12 autres relais. La distribution est asymétrique à droite, avec une médiane de 1. Elle suit les libéraux plus que l’inverse (8 % des liens contre 4 %), et presque aucun lien ne part vers la gauche.

Parmi les personnalités, les comptes que les relais suivent le plus s’appellent Marion Maréchal (suivie par 1 066 relais), Claude Weill, Céline Pina, Jérôme Godefroy, Bruno Tertrais. Marion Maréchal est aussi le plus gros relais, avec 699 000 abonnés. Pour le reste, c’est une foule de petits comptes : 195 abonnés en médiane, 3 688 qui relaient une seule correction, 61 qui en relaient six ou plus.

Les libéraux, un cercle serré : chacun suit en médiane douze autres relais. Autour, la droite. En face, le public des posts corrigés.

Le public d’en face est encore plus soudé. Les 2 780 comptes de gauche qui ont relayé les posts corrigés ont une densité de liens de 2,44 %, contre 1,27 % chez les libéraux et 0,16 % chez la droite qui relaie Total, et 55 % de leurs liens sont réciproques.

Carte des quatre communautés : droite libérale et identitaire, libéraux et commentateurs, gauche insoumise, militants insoumis
Les quatre communautés de la carte : droite libérale et identitaire en bleu, libéraux et commentateurs en vert, gauche insoumise en rose, militants insoumis en violet. 8 962 comptes dessinés sur 10 184. Relevés ReputatioLab.

Que disent ceux qui répondent ?

Nous avons lu une à une les 2 161 réponses et citations aux 25 corrections, sans compter celles des comptes corrigés. 60 % soutiennent Total, 25 % le contestent. Ce sont surtout ses soutiens qui viennent répondre.

Les réponses et les citations, lues une à une : qui approuve, qui conteste.

Soutien et contestation sous les corrections

Soutient TotalConteste

  1. Libéraux et commentateurs573 textes86 %
  2. Droite946 textes74 %10 %
  3. Gauche insoumise343 textes10 %72 %
  4. Militants insoumis165 textes3 %85 %
  5. Ensemble2 161 textes60 %25 %

Relevés ReputatioLab, X, 24 mars au 17 octobre 2026. Réponses et citations lues une à une, hors comptes corrigés. Le reste est neutre.

Côté gauche, le public que Total voudrait convaincre, 38 réponses et citations sur 508 approuvent la correction : 7 %. La contestation porte sur le fond, les impôts, les marges, les profits (245 textes), autant qu’elle est hostile sans argument (252). Le reproche « juge et partie » reste rare : 36 textes.

Les 508 réponses et citations venues de la gauche : 38 approuvent, soit à peine 7 %.

Selon le post corrigé, la conversation change. Mélenchon divise : 50 % de soutien et 33 % de contestation sur 1 045 textes. Roussel aussi, 57 % et 33 %. Sous les corrections faites à Gabriel Zucman, à LCP et à @Divs_King, le soutien monte à 75 à 80 %, parce que ce sont surtout les soutiens de Total qui viennent. Cela dit, la polarisation mesurée est minimale : lorsqu’un camp d’une réponse n’est pas identifiable, nous la considérons neutre.

C’est ce que disait Ecker : une correction ne vaut que la confiance accordée à celui qui corrige.

Et les faux comptes ?

Une conversation aussi favorable soulève la question. Nous avons cherché des signes d’opération dans les réponses et les citations (2 156 une fois dédoublonnées) et dans les retweets. 18 textes viennent de comptes qui cumulent des signes d’inauthenticité, 0,8 %, à peu près autant côté soutien que côté contestation. Sans eux, la part de soutien passe de 60,3 % à 60,4 %.

Aucune réponse ne tombe dans les cinq minutes suivant une correction, et aucun texte n’est copié-collé, sauf un « Merci » banal. Les soutiens ne sont pas plus jeunes que les contestataires : 3,86 % des premiers ont créé leur compte en 2026, contre 4,28 % des seconds. Bref, pas d’opération mesurable, ni pour Total ni contre lui.

Comment réagissent les personnes corrigées ?

Aucun des 22 comptes corrigés ne rectifie ni ne s’excuse. Plusieurs se servent de la correction. Le 16 septembre, deux heures plus tard, Jean-Luc Mélenchon la cite et parle d’« ingérences de l’argent dans la campagne électorale » : 766 000 vues. Il montre la correction à son propre public, celui que Total n’atteignait pas.

Jean-Luc Mélenchon cite la correction deux heures plus tard : 766 000 vues, devant son propre public.

Gabriel Zucman répond point par point le 30 juillet (511 000 vues) et publie un article sur Substack. Le député Carlos Martens Bilongo cite la correction faite à Zucman pour retourner la question : Total peut-il publier, pays par pays, les données de sa catégorie « reste du monde » ? 98 000 vues ; Total lui répond moins de deux heures plus tard. Fabien Roussel répète sa demande de nationalisation dans une tribune à Libération, le 2 octobre. Éric Coquerel reprend l’argument des marges, puis écrit « Plus 146 % en 3 mois ! » le 16 octobre. @BMoon_bee cite la correction avec une vidéo d’Antoine Léaument (176 000 vues).

Gabriel Zucman répond et publie un article ; Carlos Martens Bilongo cite la correction faite à Zucman pour retourner la question.

Un autre chemin mène la correction vers ce public : les notes de communauté de X. Aucune n’est affichée sous les 25 corrections. Une note l’est sous 5 des 25 posts corrigés : les posts de Jean-Luc Mélenchon du 23 juillet, de Gabriel Zucman du 27 juillet, de @FocusMedia_Fr du 10 septembre, de LCP du 13 octobre et de @TRUMPNEWS_QQ du 14 octobre. Quatre des cinq renvoient au post de Total. Des notes proposées restent non affichées sous 9 autres.

Que retient la presse ?

Nous avons croisé 2 553 articles sur TotalEnergies et ses corrections ; 553 racontent une réponse de Total. Hors rubriques de vérification, la presse ne reprend qu’une correction sur 25, la plus vue, contre Jean-Luc Mélenchon. Le Figaro en fait un article le jour même. Le 22 septembre, L’Obs parle d’une communication « juge et partie ». Le lendemain, Raphaël Grably y consacre une chronique sur BFMTV.

Hors rubriques de vérification, la presse reprend une correction sur 25.

La correction faite à Gabriel Zucman, 2,05 millions de vues, n’a aucun article qui reprenne ses chiffres. Roussel, LCP, Sud Radio, Coquerel, Bilongo, les 11 réponses : rien. En fait, les journalistes parlent de la méthode plus que des faits corrigés. Le 31 juillet, Maddyness cite le directeur de X France, qui prend TotalEnergies en exemple. Le 16 octobre, La Lettre écrit que « TotalEnergies muscle sa riposte sur les réseaux sociaux ».

Quelle correction a vraiment marché ?

Le 10 septembre, @FocusMedia_Fr publie une vidéo : une pompe détruite dans une station Total du Val-d’Oise. Plus d’un million de vues. Le lendemain, Total répond qu’il s’agit d’un accident survenu le 27 juin. Sur X, le démenti fait 167 000 vues.

La station « vandalisée » : plus d’un million de vues pour la vidéo, 167 000 pour le démenti de Total.

Mais Total transmet ses images de vidéosurveillance aux Vérificateurs de TF1, et la préfecture du Val-d’Oise confirme l’accident. Le 14 septembre, la vérification paraît sur TF1 info et LCI. Le 17, la radio ICI reprend le démenti dans « C’est pas vrai ?! ». C’est la seule fois que de vrais vérificateurs reprennent une correction de Total. Ici, pas de chiffre à discuter : un fait, et une preuve.

Total donne ses images aux Vérificateurs de TF1 : la seule correction reprise par des vérificateurs.

Qu’est-ce que Total y gagne ?

Un public, et ce n’est pas celui qu’il corrige. Nous avons rangé les 25 764 abonnés du compte par ordre d’arrivée : X rend les plus récents d’abord, sans la date. Puis nous avons classé ceux qui ont au moins 100 abonnés. Chez les 20 000 premiers arrivés, la moitié est du grand public, puis viennent des institutions et des médias (19 %) et le monde de l’énergie (18 %). La droite libérale et identitaire n’y pèse que 3 %. Chez les 6 000 derniers arrivés, elle pèse 56 %, avec 14 % de macronistes hostiles à LFI ; l’énergie internationale tombe à 2 %.

Les abonnés du compte, rangés par ordre d’arrivée : chez les anciens, le grand public, les médias, les institutions, l’énergie. La droite libérale et identitaire y pèse 3 %.

Rien n’indique que ce nouveau public soit acheté : les abonnés récents sont même moins souvent des comptes vides que les anciens (0,6 à 0,8 % contre 2,6 à 2,8 %). Mais le compte presse d’un groupe pétrolier est devenu le relais d’un camp, à quelques mois de la présidentielle.

Que ne voient pas nos relevés ?

  • X ne rend plus les auteurs des « J’aime » visibles». On voit qui relaie et qui discute, mais pas qui approuve en silence.
  • Sur les posts les plus partagés, on ne récupère qu’environ 1 000 retweeteurs : 5 corrections sont donc échantillonnées (Zucman, Mélenchon (2 fois), Roussel, LCP).
  • 61 % des abonnés du compte restent hors de la carte, faute d’abonnés, de photo ou de bio.
  • Quand on ne sait pas de quel camp vient une réponse, on la considère neutre : la polarisation est au minimum.

Ces limites réduisent le champ. Elles ne rapprochent pas les deux publics.

Qui doit porter la réponse ?

Le modèle fait école. Le 5 octobre, Matignon lance son compte sur X, « Soyons précis » : une affirmation, une correction, des chiffres et une source, pour défendre le budget. Dès le lendemain, sur RTL, Adeline François parle d’« auto-certification ». Total se voyait reprocher d’être « juge et partie ». Le reproche est le même, parce que la position est la même.

Le 5 octobre, Matignon lance « Soyons précis », sur le même modèle.

Je retiens trois choses. Une correction signée par celui qu’on accuse se voit, parfois plus que l’attaque. Elle rassure ceux qui étaient déjà d’accord. Et elle n’atteint ceux qui ont cru l’information que si quelqu’un d’autre la leur apporte : l’adversaire qui la cite pour la contester, une note de la communauté, un vérificateur à qui l’on donne une preuve.

Alors, est-ce que ça marche ? Pour être vu et rassurer les siens, oui. Pour corriger ceux qui se trompent, pas tout seul. Le meilleur fact-check de TotalEnergies, c’est celui qu’il n’a pas publié lui-même.

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Nicolas Vanderbiest
L’auteur

Nicolas Vanderbiest.

Fondateur de Saper Vedere. Depuis 2013, chaque étude ouvre ses données à la société civile, en accès libre et sans rien masquer de la méthode.