Rue du commerce

Le site Rue du commerce a décidé de mettre en place une campagne à destination des hommes à l’aide d’un site spécialisé pour eux où les femmes sont jetées dehors par un pop-up leur annonçant la couleur :

Au moment où le site l’annonce via Twitter, il est intéressant de remarquer que l’on ne communiquait pas son d’indignation, mais la possibilité que cela fasse un « bad buzz ».

Ce n’est pas l’action de l’entreprise qui pose problème, c’est le fait que ce qu’elle fait est susceptible de faire un bad buzz.

Nous sommes donc presque dans un conditionnement pavlovien où le bad buzz, la salive, vient dès que l’action de l’entreprise, le son de cloche, provient.

http://twitter.com/spitersu/status/529672800681066497

http://twitter.com/DweEroz/status/529674085220245504

http://twitter.com/kevryu/status/529672206746664961

La stratégie de Rue du commerce est, bien entendu, voulue. Elle a tout de l’artefact de communication, une technique publicitaire de plus en plus utilisée par les marques, que l’on peut définir comme « un prétexte matériel ou immatériel qui sert d’appât pour la presse dans un but de visibilité ».

Rue du commerce désire cibler les hommes. Elle va donc se servir des femmes pour toucher son audience.

Les femmes vont alors se trouver dans une situation paradoxale que j’ai nommée le paradoxe réactionnel : faut-il qu’elles réagissent au message ostensiblement mis comme un troll, ou se taisent pour ne pas donner la visibilité recherchée par l’organisation ?

Force est de constater que la technique de « troll » fonctionne à chaque fois puisque la communauté réagit fortement à chaque tentative. (Perrier, BN, Stabilo, Ecovoiturage.fr, etc.).

Autre petit détail qui fait la différence : l’objet du litige, le pop-up, se trouve directement sur le site Web. Pour constater le délit, il faut donc se rendre sur le site et de ce fait, devenir un client potentiel.

Et cela fonctionne très bien puisque selon ses dirigeants, la fréquentation aurait doublé, le nombre de followers aurait augmenté de 35 000 à 41 000 followers, et les commandes féminines auraient également explosé. (Source : 20 minutes.fr)

Le site Web a également eu sa version « exclue aux hommes » ce qui fait fort ressembler à la campagne Numéricable.

Enseignements:

  • Soit il faudrait que les féministes arrêtent d’apporter de la visibilité à du contenu blessant à leur encontre, soit il faudrait que les marques arrêtent de jouer cette corde simpliste.

Caractéristiques

Marque Rue du Commerce
Origine Service communication
Secteur d'activité Internet
Print Friendly, PDF & Email