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Quelle est l’influence des lobbies sur la construction de la loi ?

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Selon certains, il y a plaidoyer et lobbying. Au final, il y a surtout des pressions sur les parlementaires afin de faire entendre un secteur, un intérêt ou une part du public pour lesquels les députés et sénateurs sont volontiers favorables. On a voulu analyser quelles influences sont évidentes et sourcées, et dans quelle mesure d’autres influences ne sont pas officiellement annoncées et qui est derrière celles-ci.

Le résumé

  • L’agriculture est de loin le secteur le plus présent, tous canaux confondus, devant les collectivités.
  • La pression se concentre, sans surprise, sur les textes budgétaires.
  • Les amendements inter-groupes sont avant tout faits dans des logiques de coalition gouvernementale.
  • Les doublons d’amendements inter-groupe non sourcés sont plutôt attribués à de bonnes causes.

Ca source peu, l’agriculture et les collectivités devant les autres

Seuls 143 amendements sont rattachés à un lobby identifié, soit 0,2 % du total. L’agriculture est largement devant : la FNSEA arrive en tête, avec 34 amendements doublons, tandis que le deuxième en compte 15. Elle est relayée par cinq groupes à la fois (Démocrates, Droite Républicaine, Ensemble pour la République, Horizons, LIOT), surtout sur le financement de la Sécurité sociale et les finances 2026.

Et elle n’est pas seule. Chambres d’agriculture (7), Jeunes Agriculteurs (2), FNEDT (2) : à eux quatre, ces acteurs agricoles pèsent 45 des 95 doublons du top 15 des lobbies, soit près de la moitié. Ajoutez les vins d’appellation de la CNAOC (2), ainsi que les courses hippiques (2), et le constat est simple : l’agriculture est de loin le secteur le plus présent.

Deuxième point, moins attendu. Le deuxième « lobby » du pays, ce sont les collectivités elles-mêmes. Départements et Régions de France sont deuxièmes (15 doublons), l’AMF quatrième (6). L’AMF travaille surtout sur la proposition de loi sur le statut de l’élu local, l’un des textes les plus amendés du corpus (293 doublons).

En fait, une partie des intérêts les mieux relayés ne relève pas de l’intérêt privé. Ce sont des élus qui poussent pour leurs propres institutions.

L’axe gouvernemental devant

Quels groupes servent de relais ? Droite Républicaine d’abord (présente sur 122 des 143 doublons, soit 85 %) ; Ensemble pour la République ensuite (116, soit 81 %) ; puis les Démocrates (90), LIOT (74), Horizons (73). En clair, l’axe gouvernemental et de droite porte la grande majorité des amendements liés à des lobbies.

Qui ne source pas forcément ?

Regardez bien la liste ici :

À part les buralistes et quelques autres noms : ce sont des ONG, des associations de cause, des syndicats, des ordres. Bref, exactement ce que l’opinion classe du côté des « gentils » : la justice fiscale, la dignité en fin de vie, les soins palliatifs, l’hôpital public, les salariés.

Est-ce à dire que leurs arguments portent sans une influence directe ? De ce côté-là, on vous laisse juge tant la méthodologie peut être sujette à discussion (c’est un LLM qui scanne les amendements et les plaidoyers des sites web pour imaginer l’influence à l’œuvre)

C’est dans les budgets que ça se concentre

Où se joue l’essentiel ? Sur l’argent. Le projet de loi de finances pour 2026 concentre 64 séries à lui seul, soit 45 % du total. Viennent ensuite la loi d’urgence agricole (23 séries), le financement de la Sécurité sociale (15) et la fin de vie (10). Ces quatre dossiers pèsent 78 % de toute l’activité coordonnée.

La logique est simple : c’est dans les lois de finances que se logent les niches, les exonérations, les crédits d’impôt. Là où il y a de l’argent à défendre ou à capter, les empreintes s’accumulent. La fin de vie fait exception.

La question écrite, marginale

Dernier canal, et il pèse peu. Sur 17 117 questions écrites, 49 seulement sont doublonnées entre les groupes, sur 11 séries. La Mutualité Française Centre-Val de Loire en aligne 16, la FNSEA 14. La question écrite n’est clairement pas le levier principal ; c’est un outil d’appoint, loin derrière l’amendement. À noter que la FNSEA est là aussi.

Méthodologie

Nous avons utilisé les données de Follaw, de la HATVP, nos scripts et des analyses agentiques IA.

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