Analyse de la propagation du coronavirus sur les réseaux sociaux

Voilà longtemps que je ne m’étais pas penché sur la propagation d’une crise. Le Coronavirus était l’occasion parfaite pour ce faire, et capter les réactions des foules numériques à l’arrivée d’un virus et son appropriation. Analyse menée grâce aux logiciels et données de Brandwatch.

1. De l’étranger aux commentaires humoristiques en passant par les médias.

On distingue sur Twitter comme sur Facebook 3 phases :

  1. Les relais spécialisés : la loi-kilomètre qui veut que l’on ne s’intéresse qu’à ce qui est proche de chez soi est d’application vu qu’il n’y a finalement eu que très peu de publications avant que l’affaire ne parvienne en France.
  2. La phase médiatique : les premiers cas en France amènent une propagation médiatique très importante.
  3. La phase de commentaires : où tout le monde cherche à réaliser la blague la plus

La place prise par @conflits_fr est assez énorme, le compte suivant particulièrement ce sujet et récoltant énormément de retweets sur ces différentes prises de parole.

Sur Facebook, c’est l’écosystème médiatique traditionnel que l’on observe avec l’apport marqué des sites satiriques :

2. Peu de narratifs en dehors des prises de parole médiatiques

En sélectionnant via mots-clés (et donc avec les quelques biais laissant une marge d’erreur qui peuvent exister) , on se rend compte que les narratifs véhiculés sur les réseaux sociaux sont essentiellement les vocables médiatiques avec une prépondérance forte de l’annonce de nouveaux cas, et des différents bilans venant de Chine.

Ce constat est encore plus fort sur Facebook (logiquement car le corpus est composé de pages publiques) tandis que le prisme politique (reproches politiques, attaque envers le gouvernement, et.) est logiquement plus présent sur Twitter.

D’un point de vue des opinions circulant, il y a également très peu de différenciation dans les prises de parole :

3. Une communication des autorités peu impactante

La communication des autorités françaises pêchent pour émerger dans les discussions. Seule prise de parole faite via le compte du ministère et de la ministre, sans réellement de message fort :

http://twitter.com/MinSoliSante/statuses/1219991722903703552
http://twitter.com/agnesbuzyn/statuses/1220412463021219841

Cela fait que les autorités ne ressortent pas du tout dans les comptes forts au niveau informationnel. La faute sans doute au peu d’activité (à raison sans doute pour ne pas en faire un énorme sujet) et des publications essentiellement métalinguistiques sans message fort. ( Agnès Buzyn va s’exprimer, voici les recommandations du ministère, etc.)

4. Très peu de désinformation ou de complotisme

Si les opportunismes politiques (critiques des mesures des affiches, réclamation du retour des frontières, etc.) sont quelque peu présents, une lecture approfondie des tweets fait rejaillir très peu, voire pas du tout de complotisme à travers les réseaux. Les seules nébuleuses sont les origines de la maladie où les chauves-souris ou les serpents sont pointés du doigt, tandis qu’il y a également une rumeur venant de la presse britannique sur un obscure laboratoire où le virus aurait pu s’échapper. L’histoire est importée par le compte @TPrincedeLamour

Voila ce que l’on peut dire à l’heure actuelle des commentaires à propos du coronavirus sur les réseaux sociaux !

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