Si l’on écoute les indicateurs des réseaux sociaux, Benoit Hamon est en tête du 1er tour

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Aujourd’hui aura lieu le premier tour de la primaire citoyenne. L’occasion de faire le point sur cette élection sur base des données glanées sur les réseaux sociaux. Pour ce faire j’ai cumulé tous les meilleurs logiciels (Visibrain, Talkwalker et Brandwatch), et une bonne partie de ce qu’il était possible de faire à l’heure actuelle via les réseaux sociaux.

Les principaux enseignements

1. Si les réseaux sociaux devaient voter : Hamon gagnant. Valls en embuscade, Montebourg loin derrière

  • Hamon serait premier. (Meilleur engagement sur Twitter, meilleur taux d’engagement parmi ses concurrents, meilleur engagement sur Facebook en partages likes et commentaires, meilleur gain de fans sur Facebook, meilleur taux d’engagement des hyper fans sur Facebook, meilleure activation de militants sur Twitter)
  • Valls serait deuxième. (Meilleur sur le public féminin, meilleur taux de like et commentaires/post sur Facebook, meilleur dans la presse et dans les titres de presse, meilleure dispersion géographique des twittos, il joue presque égal avec Hamon au niveau de l’activation des militants sur Twitter)
  • Montebourg serait troisième. (Le seul indicateur qui le mettrait au second tour serait son apparition dans les titres de presse !)

EDIT : Pour une fois, les indicateurs des réseaux sociaux ont été plus adéquat que les sondages. Comment expliquer la différence avec la droite ? Plein de facteurs. Je doute vraiment que les réseaux sociaux puissent être un bon indicateur pour dire qui va gagner une présidentielle. Toujours est-il que je continuerai à faire ses mesures pour que l’on puisse identifier les facteurs. 

2. Essoufflement des débats la primaire

On remarque un essoufflement constant des débats de la primaire au niveau du nombre de tweets. De 180 000 à 130 000 tweets, cela tend à prouver que la tenue de pas moins de 3 débats en 1 semaine a essoufflé les gens et qu’ils se sont petit à petit détournés des débats.

 

3. La patriosphère sur Montebourg

Un seul candidat a reçu des brimades et attaques frontales de la part de la patriosphère : Arnaud Montebourg. Cela montre que la patriosphère est consciente de certains axes politiques qu’il faut isoler pour assurer le passage de Marine Lepen. Sans doute que Montebourg incarne via sa communication patriotique et sa position sociale le candidat du Parti socialiste le plus proche de Marine Lepen. Il y a donc fort à parier que le reste de la présidentielle, soit pareille, avec des tentatives de déstabilisation et de l’attaque par les réseaux sociaux.

 

4. Des similitudes et des différences avec la primaire de droite.

Pour rappel, j’avais analysé ici la primaire de droite avec les mêmes indicateurs. On remarque des similitudes :

  • Un univers toujours masculin.
  • Également des candidats totalement absents de Twitter qui repointent le bout de leur nez une fois en campagne !
  • Le négatif paie toujours.
  • Les conversations suivent toujours une foule étroite.

Et des différences :

  • Les sensibilités politiques sont quelque peu moins palpables entre les différents candidats. Par contre, les militants sont clairement toujours identifiables par la Social Network Analysis

 

5. Le premier bot des élections.

Comme je l’ai indiqué et démontré dans le courant de la semaine, nous avons eu notre premier botteur de l’élection du côté du front national. Heureusement, il est facilement identifiable via la cartographie des conversations. (Comme l’homonyme de Valls !)

 

6. Le portrait rapide des candidats sur base du Web Social

  • Manuel Valls : croissant dans sa présence sur Twitter, Manuel Valls dispose d’une bonne base de militants semblable à Hamon et d’une grosse couverture presse. Moins actif sur Facebook que les autres, chacun de ses posts rassemble la plus grosse moyenne de likes. Il est également très bon sur le public féminin et rassemble l’audience la plus éparse de tous les candidats.
  • Benoit Hamon : Benoit Hamon est le leader de la primaire sur les réseaux sociaux. Il est celui qui parvient le plus à capter l’audience des autres candidats, celui qui possède le plus de militants dans la part de voix sur sa personne et plein d’autres indicateurs. Il pêche peut-être sur le public féminin et n’a pas eu autant de couvertures presse que ses principaux concurrents.
  • Arnaud Montebourg : c’est celui qui en comparaison avec les sondages réalise avec les moins bons scores. Particulièrement faible sur le public féminin, il est le seul candidat qui a subi quelques coups de semonce de la patriosphère. S’il venait à être au second tour, le seul indicateur justificatif serait sa présence dans les titres d’article.
  • Vincent Peillon : Peillon est plus actif sur Twitter lors de sa mise en campagne que lors des débats. Il n’émerge pas réellement et la plupart des commentaires sont à propos de sa sortie sur la Seconde Guerre mondiale.
  • François de Rugy : Malgré un grand taux de production sur Facebook (en réalité, il relaie des citoyens positifs envers lui), l’engagement est au plus bas.
  • Sylvia Pinel : malgré une faible communauté de fidèle, sa prise de parole est presque aussi rare que celle qu’elle exerce dans les débats.
  • Jean-Luc Bennahmias : au vu de l’activité sur les réseaux sociaux et par les communautés présentes pour le soutenir, on se demande si la candidature est sérieuse.

Sommaire

I . Comparatifs sur les différents réseaux sociaux

  1. Twitter
  2. Facebook
  3. Presse

II. Les discussions générales sur la primaire

  1. En général : Twitter/Le Web
  2. Les débats primaires

III. Les profils de chaque candidat sur base des réseaux sociaux

  1. Manuel Valls
  2. Benoit Hamon
  3. Arnaud Montebourg
  4. Vincent Peillon
  5. François de Rugy
  6. Sylvia Pinel
  7. Jean-Luc Bennahmias

Méthodologie

I. Comparatifs sur les différents réseaux sociaux

1. Twitter

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Manuel Valls, de par sa position, possède une audience confortable, mais se fait dépasser par Hamon quand il s’agit d’engager celle-ci. Par ailleurs, Hamon dispose de la plus grosse part de militants dans les prises de parole sur sa personne. parmi les favoris. Seul De Rugy fait mieux, mais sur un nombre de personnes s’exprimant à son sujet bien moindre par rapport à Hamon.

a) La concordance entre les followers

Il se lit de l’horizontal à la verticale :

Exemple : 3.1 % des followers de Manuel Valls suivent également Benoit Hamon, alors que seuls 6.4 % des followers de Benoit Hamon suivent également Manuel Valls, etc.

Le peu d’audience commune entre Valls et les autres est assez étrange puisqu’on n’observait pas ces chiffres pour la primaire de gauche. Peillon est celui qui a le plus de correspondance avec les petits candidats.

b) La concordance entre les publics engagés

Pour ce chapitre, j’ai isolé entre le 21 décembre 2016 et le 21 janvier 2017 les publics qui ont interagi avec les différents candidats à la primaire républicaine. Il se lit de l’horizontal à la verticale :

Exemple : 6.65 % des personnes ayant interagi avec Manuel Valls interagissent également avec Hamon, alors que 2.82 % de ceux qui ont interagi avec Benoit Hamon, l’ont également fait avec Manuel Valls, etc.

Benoit Hamon est celui qui arrive le plus à récupérer l’audience des autres.

c) Analyse démographique

1) Le genre

Sur Twitter, la majorité des personnes qui interagissent avec des politiques sont des hommes. Montebourg est celui qui fonctionne le moins avec la gent féminine.

2) Le lieu

Avant toute analyse, il faut faire une précision : la taille des points est proportionnelle et ne peut donc pas être comparée entre candidats.

Le seul qui assure une présence totale est Manuel Valls. Hamon touche davantage le Nord que les autres tandis que Montebourg assure une présence sur la partie Ouest.

2. Facebook

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Sur Facebook, c’est assurément Hamon qui obtient les meilleurs résultats sans avoir la plus grosse activité. Il n’y a qu’en pondérant l’engagement par post que Valls obtient un meilleur nombre de like, seul indicateur où Hamon ne l’emporte pas. À noter le nombre de posts Facebook de De Rugy : 988 !! Cela fait chuter son taux d’engagement par post de manière faramineuse.

a) La concordance entre les 100 utilisateurs les plus actifs

Aucune plateforme de veille ne permet actuellement d’obtenir plus de 100 utilisateurs d’une page Facebook. J’ai donc dû comparer sur base des 100 utilisateurs Facebook les plus actifs des 4 principaux candidats à la primaire.

Là encore, c’est Hamon qui glane le plus aux autres !

B) Démographie

Sur Facebook, il n’est pas possible d’isoler géographiquement les utilisateurs, mais il est bien possible de faire la répartition des genres entre les personnes qui ont interagi.

Sur Facebook, De Rugy est devant Montebourg sur ceux qui captent le moins d’audience féminine. Valls reste le candidat avec le plus d’interactions auprès de la gent féminine.

3. Dans la presse


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Pour les titres de presse, la répartition est la suivante :

Valls l’emporte largement et ce n’est pas uniquement dû à une seule actualité (la claque), même si cela pèse, puisque l’écart est constant dans le mois. D’ailleurs, même dans les corps des textes, il est davantage présent :

II. Les discussions générales sur la primaire

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1. En général


2.4 M de tweets en un mois alors que la primaire de droite avait suscité plus de 18 M de tweets en 4 mois. Il est donc clair que le volume n’est en rien comparable.

Au niveau géographique, même constat que pour la droite, on interagit dans les métropoles :

Par contre, elle touche beaucoup moins d’endroits dans les provinces que la droite :

C’est également beaucoup plus d’hommes que de femmes :

Pour les sites les plus utilisés, on remarque qu’Instagram n’a pas du tout été utilisé au contraire de la droite. Le Monde passe également devant Le Figaro.

 

2. Les débats de la primaire

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Les débats de la primaire ont suscité entre 130 000 et 180 000 tweets. Ce chiffre montre un essoufflement des Twittos puisque le chiffre n’a cessé de baiser après chaque débat. Il faut dire qu’imposer 3 débats en 7 jours avait de quoi lasser.

Dans l’ensemble, il n’y a aucune évolution dans les mots les plus twittés des différents débats. ( Sans pondérer les tweets par les retweets)

Pour voir les cartographies en grand, veuillez cliquer dessus.

Durant le premier débat, nous avions un ensemble assez dense avec chaque candidat de son côté : (Filtre à 2 interactions)

Pour le deuxième (sans filtre), nous avions toujours l’ensemble dense avec Benoit Hamon qui avait une foule très dense, mais en raison de tweets qui ont ressurgi :

La répartition des communautés était donc  : – Hamon – 13,05 % – Valls – 6.28 % – Montebourg 5.75 % – Peillon 4.88 %. Pour la troisième, même constat :

Et là Valls l’emportait de peu sur Hamon. (- Valls : 7.92 % – Hamon : 7.56 % – Montebourg : 5.91 % – Peillon : 4.22 %)

III. Les profils de chaque candidat sur base des réseaux sociaux

1. Manuel Valls

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  1. a) son portrait numérique sur Twitter

Manuel Valls a appliqué une présence constante avec évidemment des pics sur la fin de la primaire. Il a cependant été très peu actif en comparaison avec les autres. Ses hashtags sont essentiellement des slogans, ou des thèmes :

Ses expressions vont un peu dans tous les sens :

b) Son public

Valls dispose d’une présence dans tout le territoire. Mais c’est à Paris qu’il y a le plus de tweets.

c) Ce qu’en dit Twitter

C’est la gifle qui a le plus fait parler sur Twitter. On la retrouve d’ailleurs dans le top tweet :

4) Le Web

 

2. Benoit Hamon

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  1. a) son portrait numérique sur Twitter

Hamon a eu une présence essentiellement concentrée autour des débats. Ce n’est donc pas une surprise si ce sont les hashtags de débat qui ressortent.

Ses expressions sont sur la protection sociale, le travail associatif et le revenu universel :

b) Son public

Amont est présent essentiellement à Paris. Et son public est essentiellement masculin :

c) Ce qu’en dit Twitter

Ce qu’en dit Twitter est plutôt fidèle à ce qu’il dit de lui-même :

Par contre, le top tweet est entièrement rempli de ses anciens tweets !

4) Le Web

3. Arnaud Montebourg

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  1. a) son portrait numérique sur Twitter

Montebourg a également eu une présence essentiellement concentrée autour des débats. Par contre, c’est son slogan qu’il utilise le plus. On remarque aussi la référence à Jaures

Ses expressions sont n’ont pas d’axes très clairs

 

b) Son public

Montebourg est présent essentiellement à Paris, mais si le centre est bien présent. Son public est très masculin :

c) Ce qu’en dit Twitter

Montebourg sans les retweets et selon les utilisateurs, c’est surtout le scandale autour du fondateur de terra nova accusé de pédophilie :

Cela se retrouve également dans les top retweets :

 

4) Le Web

4. Vincent Peillon

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a) son portrait numérique sur Twitter

 

Peillon est mesuré dans son activité. Sa mise en campagne est plus active que les débats. Dans les hashtags, ce sont les slogans et les débats qui sont les plus utilisés.

Ses expressions illustrent tous les thèmes :

b) Son public

Peillon est présent essentiellement à Paris et dans le sud-est. Son public est masculin :

c) Ce qu’en dit Twitter

Ce qu’en dit Twitter est en rapport avec sa déclaration sur les juifs sous Vichy. :

Même chose dans les top tweets : (Le précédent graphique ne prend pas les RT)

4) Le Web

5. François de Rugy

a) son portrait numérique sur Twitter

De Rugy a été totalement absent de Twitter sauf au moment de sa campagne. Ses hashtags se contentent du strict minimum : slogan et débats.

Pareil pour les expressions où l’on couvre plus ou moins tous les thèmes :

b) Son public

Peillon est présent essentiellement à Paris et dans le nord-ouest. Son public est masculin :

c) Ce qu’en dit Twitter

Ce qu’en dit Twitter est concerne essentiellement le féminisme et d’autres débats :

Même chose dans les top tweets : (Le précédent graphique ne prend pas les RT)

4) Le Web

6. Sylvia Pinel

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a) son portrait numérique sur Twitter

Du côté de chez Pinel, la courbe d’activité est assez affolante dans la mesure où même lors du premier débat, il n’y avait rien. Dans les hashtags, c’est le KO total également :

Dans les expressions, cela brasse très large également :

b) Son public

Son public est à Paris ou dans le Nord-Ouest de la France. Elle fait moins bien que Valls sur le public féminin :

c) Ce qu’en dit Twitter

Ce qu’en dit Twitter concerne essentiellement le cannabis.

Le top tweet n’est pas très positif :

4) Le Web

7. Jean-Luc Bennahmias

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a) son portrait numérique sur Twitter

Bennahmias ne se contentant que de retweeter, son activité sur Twitter est presque néante.

 

Du côté de chez Pinel, la courbe d’activité est assez affolante dans la mesure où même lors du premier débat, il n’y avait rien. Dans les hashtags, c’est le KO total également :

Dans les expressions, cela brasse très large également

b) Son public

Son public est à Paris et très masculin :

c) Ce qu’en dit Twitter

Pas vraiment grand-chose dans ses expressions :

Pour Le top tweet, ce sont essentiellement des moqueries :

4) Le Web

 

Méthodologie

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Tous les résultats de Twitter ont été obtenus par des scripts python (Followers) ou via Visibrain. Visibrain a collecté tous les tweets du 1er juin au 11 novembre avec les règles suivantes :

Arnaudmontebourg
amontebourg
contains:montebourg
@montebourg
benoithamon
benoîthamon
bhamon
contains:Hamon lang:fr
@benoithamon
Manuelvalls
mvalls
contains:valls
@manuelvalls
vincentpeillon
contains : peillon
@Vincent_Peillon
francoisderugy
françoisderugy
fderugy
contains: » de rugy »
contains:derugy
@FdeRugy
jeanlucbennahmias
jeanlucbenahmias
@JlBennahmias
contains:benhamias
contains:bennhamias
contains:benahmias
contains:bennahmias
sylviapinel
contains:pinel lang:fr
spinel
@SylviaPinel
primairegauche
primairedelagauche
primairesocialiste
primaireps
laprimaire
laprimairedegauche
laprimairegauche
laprimaireps
laprimairesocialiste
debatprimaire
débatprimaire
primaireledébat
primaireledebat
primairecitoyenne
primairescitoyennes
primairedegauche
« primaire de gauche »
« primaire de la gauche »
primaire gauche
« primaire à gauche »
peillon2017
valls2017
hamon2017
montebourg2017

Pour tout ce qui n’est pas Twitter, j’ai utilisé le panel de la Primaire de Talkwalker. Les données sont du 13 novembre au 22 janvier.

D’autres données ont été comparées avec Brandwatch.