Petit manuel d’écriture d’article Buzz pour la presse (Ruquier / Delire)

Il est 10 heures du matin et cela fait maintenant 1 heure que tu glandes dans ta salle de rédaction en te demandant ce que tu peux bien écrire. Pour toi, j’ai la solution. Je vais t’apprendre comment écrire un article à buzz en 20 minutes chrono, le faire buzzer et même avoir une citation dont tout le monde parlera.

I. Récupérer des tweets polémiques.

Suffit de taper le nom de la personne, ou d’une polémique dans le moteur de recherche de Twitter. Choisissez quand même quelqu’un qui n’est pas trop sur les réseaux sociaux pour profiter de sa naïveté. Vous faites ensuite votre marché. Qu’importe qu’ils ne soient pas représentatifs, la narration de l’article rendra le tout plausible. Ayez-en quand même 3/4 pour que l’on ait l’impression que vous auriez pu en mettre 150.

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Qu’importe également s’il n’y a que 10 tweets sur le sujet : (ici, ce sont TOUS les tweets pendant ONPC sur Vanessa Burgraff)

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Ceux qui l’ont mentionné soit par son alias Twitter soit par son nom 10 jours avant l’interview :

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Encore pire pour Delire :

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II. Allez troller le chaland.

Mais le crime n’est à ce moment que partiel. Il faut rendre le tout encore plus crédible, et mieux : authentifier la polémique. Pour ce faire, il faut du sang, de la déclaration. Rendre le tout un combat : lui contre les réseaux sociaux. Là il y a deux chemins différents.

  1. Vous avez déjà une interview de prévue avec lui. 

Le guet-apens parfait est le cas où vous avez déjà une interview prévue avec lui. Alors qu’il se croit en pleine autopromo, tu te permets d’entrée de jeux de le tailler en pièces sur son émission à la noix, sa profession, ou même tout ce que tu veux. Pour éviter les coups, tu utilises le paravent absolu  : ce sont les réseaux sociaux qui parlent à ta place. Tu pries alors pour avoir la réaction classique du vieux de la vieille qui va s’en prendre aux réseaux sociaux :

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Le Graal. Tu publies ensuite l’interview telle quelle et tu attends que la Twittosphère s’en charge. Le crime et le buzz sont acquis. Tu tiens le bon bout.

2. Vous n’avez pas une interview de prévue avec lui. 

Ce n’est pas grave. Publies un article BUZZ avec les 4 tweets sélectionnés où tu décris bien que les réseaux sont en feu et que l’on assiste à une tempête numérique. Tu attends un peu que l’on partage ton article, que les concurrents qui cherchaient aussi comme toi un article au matin reprennent ton information pour donner l’effet de masse, et puis tu téléphones à la personne. Bien entendu, comme le mec n’est pas sur Twitter, il n’y comprend rien et croira naïvement que les réseaux sont en feu quand tu lui diras que la personne fait le buzz. Le crime est alors parfait puisque tu cacheras par les réseaux sociaux le fait que c’est toi qui as monté cela de toute pièce. Ta victime en appellera à la « dictature des réseaux sociaux »

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Grâce à cela, tu maquilleras quelque peu la chose, même si cela reste toujours du vent complet :

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III. Savoure le travail accompli.

Voilà, ton forfait est parfait et tu fais le buzz. Peut-être même qu’après tu écriras un article sur le fait que la choucroute fait actuellement un vrai BAD BUZZ.

Fais tout de même attention, parce qu’à force de faire 48 articles à la noix dont le seul texte comprend 4 tweets, cela risque de finir par se voir, et tu risques de passer un peu pour un jambon. Mais heureusement pour toi, on aime tellement tailler les réseaux sociaux et leur haine, que tu as encore quelques années devant toi.