Samsung ou l’art de mettre de l’huile sur le feu.

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Un simple événement que l’on voit tellement régulièrement apparaître sur le Web que l’on n’en a plus rien à faire : un smartphone qui brûle. ( quand ce n’est pas l’histoire de la batterie qui explose).

Voilà comment cette simple histoire commence.

1. Les faits

Un utilisateur se filme ensuite depuis son garage montrant les dégâts dans une vidéo ennuyante au possible:

La vidéo à ce moment précis n’est pas très vue. Pour vous dire, au moment de débuter cet article, il n’avait que 50 000 vues malgré les 7 jours d’écart et les articles sortis récemment sur les sites d’information en ligne. ( on en est maintenant à 80 000 vues)

L’événement est presque inaudible dans la mesure où ce sont principalement des gens qui forment le réseau de base de cet utilisateur qui ont vu la vidéo.

Mais l’événement connaîtra un bond après la lettre envoyée par Samsung à l’utilisateur en question.

Celle-ci lui demande de supprimer la vidéo ( démarche jugée naturelle selon Ghostlyrich) mais aussi de renoncer à toute future poursuite judiciaire contre Samsung et ceci pour toutes les autres choses qui se passeraient par la suite.

Ce dernier n’en attendait pas plus ( on décrypte chez lui une volonté de se mettre en scène, voire une tendance narcissique dans la démarche , tant il pousse à liker ses contenus sur Facebook, Twitter ou YouTube) pour dévoiler le contrat via une vidéo YouTube.

Résultat, alors que la vidéo de départ qui ne comptait que dans les 30 000 vues, celle-ci en compte à l’écriture de cette ligne 383 759 vues.

2. Analyse

Effet Streisand

Première chose, il s’agit de la plus vieille théorie sociale : l’effet Streisand. En voulant censurer, on aiguise l’intérêt des gens.

Également, alors que la démarche un peu « selfie » du plaignant aurait pu semer le doute ( même encore maintenant, certains doutent) la volonté de censure fait pencher la balance du côté de l’utilisateur.

A noter que nous sommes dans une crise de norme / rationelle : « cela ne se fait pas. »

Validation de la théorie du Trigger

Ici, encore une fois, l’hypothèse du Trigger comme déclencheur de visibilité est validée. En effet, la vidéo de départ ainsi que l’événement n’est pas ce qui déclenche la crise 2.0. Ce qui déclenche le bad buzz, c’est un second événement qui apporte la visibilité des sites d’information en ligne et donc la propagation.

Validation de la théorie de propagation Good/Bad Buzz.

Je m’en sers à chaque fois mais cela ne fait que prouver que cette théorie a du sens:

Un bad buzz, ce n’est pas lorsqu’un consommateur prend à partie une marque , ça n’est pas lorsqu’une visibilité factice prendrait en otage.

Un bad buzz, c’est dans le cas où l’on ne profite pas de cette visibilité factice en adoptant un comportement qui ne reflète pas les valeurs de marque ou qui va à l’encontre des consommateurs.

Et là-dessus, Samsung a définitivement raté son coup et en plus d’une façon assez bête vu qu’une crise qui provient d’un effet Streisand en plus d’utiliser le juridique sur le Web 2.0 , ça ne devrait plus arriver en 2013 et cela encore moins dans une entreprise de cette taille et de ce secteur.

Samsung ou l'art de mettre de l'huile sur le feu.