Les mémoires des crises 2.0 : 2013 (Mars et Avril)

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La suite des mémoires des crises 2.0 pour l’année 2013

 

Mars

5. Mango

Lieu d’où survient la crise : Site Web

Lieu de mécontentement : Twitter/ Facebook

Niveau de crise : 1

La marque Mango a publié sur son site internet des bijoux de style « esclave »

 

Il s’agirait d’une erreur de traduction car esclava veut dire soit esclave soit chaînette. 

Une pétition est lancée en ligne par Sonia Rolland, une comédienne et une membre d’une association avec le texte:

« L’esclavage n’est pas fashion !
Nous venons de découvrir que la marque de prêt-a-porter Mango commercialisait une parure de bijoux « style esclave ». Ces bijoux formés de chaînes sont censés faire de l’esclavage un objet de fantaisie et de mode.
L’entreprise Mango banalise ainsi des tragédies qui ont traversé l’histoire de l’humanité et qui frappe encore aujourd’hui des millions d’êtres humains dans le monde.
Pour mémoire les traites et l’esclavage ont fait des dizaines de millions de victimes, provoquant des drames familiaux irréversibles et vidant le continent africain de ses forces vives. La capture, la déportation et le travail forcé de ces être humains s’est accompagné de violences inouïes : coups, amputations, viols, meurtres etc. Leurs conséquences sont encore visibles aujourd’hui, les descendants d’esclaves appartenant aux franges les plus pauvres de la population des anciennes puissances esclavagistes.
C’est pour cette raison qu’en 2001, la France a promulgué la loi Taubira, énonçant : « La République française reconnaît (..) que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien (…) et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité. »
En réduisant ce crime contre l’humanité à un ornement décoratif, Mango manque gravement à l’éthique qu’une telle marque devrait porter. L’esclavage n’est pas un  » style  » pour fashionistas en mal de sensation fortes, ni un créneau commercial. C’est un drame dont il faut respecter la gravité.
A travers cette pétition nous demandons le retrait de tous les objets ainsi que des excuses de Mango qui à travers ces « créations » offense la mémoire des victimes de l’esclavage, leurs descendant-e-s ainsi que celles et ceux qui respectent la dignité humaine. »

( A noter que leur orthographe est assez déplorable) 

La marque réagira sur Twitter:

« Nous regrettons l’erreur de traduction. Les services compétents sont prévenus et effectueront la correction immédiatement. »

Enseignements

  • Même les petits malentendus peuvent susciter des réactions inattendues

6. Carambar

                                     

Lieu d’où survient la crise : Site Web

Lieu de mécontentement : Twitter/ Facebook

Niveau de crise : 1

La marque Carambar annonce par un ensemble de dossiers presse son désir d’annuler les blagues dans les emballages de ses bonbons. Elle les remplacerait par des questions de culture générale.

En réalité, il s’agit d’une blague lancée par la marque:

Enseignements

  • Confirmation de l’apparition du phénomène de crise spontanée.

Avril

7. Air caraïbe

                                      

Lieu d’où survient la crise : Offline

Lieu de mécontentement : Facebook

Niveau de crise : 1

Pour créer le buzz autour de l’installation d’un nouveau comptoir de l’opérateur à Orly, la compagnie a annoncé la vente de 50 billets par jours entre Paris et les Caraïbes pour la somme modique de 100 euros durant une semaine.

Le succès a été immédiat et de multiples personnes ont carrément passé la nuit pour avoir la chance d’être les premiers heureux. Il y a rapidement un effet de foule qui fait que la police doit intervenir.

Après une tentative ratée de changer les tarifs à un ticket par famille, la page Facebook de l’opérateur a été assaillie obligeant la marque a se fendre d’un communiqué annonçant un total de 500 tickets accessibles uniquement par internet.

Enseignements

  • Il faut toujours évaluer tous les cas de figure. Ici, il était évident que l’offre allait attirer de nombreux amateurs.

8. Epicurious

                                      

Lieu d’où survient la crise : Twitter

Lieu de mécontentement : Twitter

Niveau de crise : 1

Epicurious essaie de surfer sur les attentats à la bombe de Boston en faisant deux blagues sur l’événement et en essayant de fournir ses produits. Ainsi, le community manager poste : « Boston, our hearts are with you. Here’s a bowl of breakfast energy we could all use to start today : » et « In Honor of Boston and New England may we suggest : whole-grain cranberry scones ! » 

Enseignements

  • Encore une fois, il ne faut jamais jouer sur des événements graves pour assurer sa promotion. Il y a la liaison de cause à effet.

La suite ?

Les mémoires des crises 2.0 : 2013 (Mars et Avril)