5 leçons pour avoir un Klout comme la poutre de Bamako

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Pour cet hors sujet du week-end, j’ai décidé de vous enseigner comment avoir un Klout comme la poutre de Bamako.

Si …

  • Vous avez vu que même Quechua engageait en fonction de votre Klout
  • Vous sentez qu’actuellement tout n’est qu’influence et ,qu’ alors que votre sujet favori est le web, les trucs geeks et tout ce qui se tweet, vous ne culminez qu’à 50 fans dont les 3/4 sont des anciens potes d’école qui ne suivent que Lady Gaga et Obama et ont 3 tweets de vieux articles pourris de leur journal préféré en plus de leur premier tweet « enfin sur Twitter ».
  • Vous venez d’assister à la conférence d’un COACH en personal branling , heu branding qui vient de vous enseigner qu’il fallait développer votre présence ( E-réputation pour les « experts », identité numérique pour les juristes et influence pour les COACH) . Celui-ci vous a enseigné que désormais les recruteurs ne recrutent plus que selon vos traces sur le web d’après des études qu’il a lui-même financées ( ou fait lui-même ) , vous vous posez donc les questions de comment appliquer tout ce grand savoir de celui-ci sur le terrain mais vous n’avez pas les moyens d’engager le coach en question qui vend justement ses services sur la peur qu’il vient d’immiscer en vous…

… cet article est pour vous !! Je vais tout vous enseigner petit influenceur en herbe. Et ceci en 5 leçons.

Pourquoi 5? Parce que le nombre 5, c’est simple, c’est facile , ca se visualise avec une main et surtout parce que les autres influenceurs qui vont faire de vous des influenceurs grâce à leur influence ( j’essaie de keyword le mot influence pour mon SEO ) aiment cela parce que ça veut dire que l’article sera court et donc facilement retweetable avec la bonne conscience d’avoir lu l’article en question.

D’ailleurs trêve de bavardage, commençons.

Leçon N°1 : la présence

Tous les grands spécialistes, consultants et COACH vous le diront : la présence avant tout. De plus, votre Klout n’augmentera que si vous êtes présents partout.  Il énumère votre présence sur

  • Twitter : le plus important pour vous en tant que futur influenceur. 160 caractères seulement à écrire ( et encore, on verra plus tard que des machines le font pour vous ! ) toutes les heures et il suffit d’un retweet ou d’une mention pour scorer votre KLOUT: LA Rolls, priceless.
  • Facebook : là où il faudra faire venir des gens car vos amis ne suffiront pas. Il faudra aussi du coup abandonner toute ambition et envie de partager vos soirées si vous ne maîtrisez pas les règles de confidentialités. ( ou si un bug Facebook rend tout public ce qui arrive une fois par an)
  • Google + : vous découvrez ainsi  pourquoi des gens sont dessus (et oui il y a des gens sur Google +, ca boost le KLOUT )
  • Linkedin:  il vous faudra faire des masses d’invitations. Astuce: repérez les événements influents dans votre domaine ( le web, le html, les médias) . Chopez les intervenants sur la page de celui-ci et envoyez leur une invitation linkedin avec un message type à tous du style  » Bonjour, je vois que vous aussi , vous vous rendez à XXXX . J’espère vous y retrouver pour parler plus longuement avec vous. En attendant, je vous ajoute déjà ! Au plaisir de vous voir . » Bien entendu, libre à vous de réellement aller à l’événement en question puisque de toute façon vous aurez Kloutisé ce pauvre influencé .
  • Foursquare :  le plus dur, il vous faudra de vrais amis qui sont 1) dessus et 2) qui en ont quelque chose à foutre que vous vous taguiez au Mac Donald du coin
  • Instagram: oui Instagram, c’est pour ca que les influenceurs ne partagent pas leur photo via Twitter, mais par Instragram , histoire de choper plus de followers et donc plus de KLOUT. Quoi? Vous croyiez que c’était pour les effets sympas? Hahaha pauvre influencé. D’ailleurs, pourquoi croyez-vous que Vine a perdu du trafic depuis l’arrivée des vidéos sur Instagram ?
5 leçons pour avoir un Klout comme la poutre de Bamako

Vous voilà présent sur tous les réseaux, petits influenceurs en herbe, nous pouvons donc passer à la

Leçon N°2 : Identité numérique, e-réputation.

Il va maintenant vous falloir vous décrire, vous façonner, prendre un costume d’influenceur. Pour ce faire, premièrement vous devez vous décrire. Cela peut vous sembler très dur, mais ne vous inquiétez pas, tout le monde a la même description. Vous passerez donc comme un influenceur pour les autres. Prenez donc cette modeste description :

1 ère partie

 » Je suis [Insert here your name] , spécialiste du web et des réseaux sociaux après avoir étudié dans le DIUT social network et fait des études en community management, réseau sociaux et mes stages à [Insert here où vous avez fait le café et demandez aux fans de leurs clients ce qu’ils ont mangé ce matin] « 

2 ème partie

Attention, c’est ici qu’il vous faudra voir en fonction de votre âge. Si vous êtes en dessous de 25 ans, petit chanceux, il vous restera les clichés de la génération Y:

Je suis né avec un smartphone et un PC dans les mains, ce pourquoi je tweet, je blogue dans tous les sens sur mes sujets favoris et ma passion: les nouvelles technologies et le web 2.0

Si vous avez au-dessus des 25 ans, cela est un peu plus difficile. Il m’a fallu aller voir les grands experts influenceurs car si vous n’êtes pas CEO ou autres, il faut faire preuve d’inventivité.

Je travaille à [Insert here your job]. Ma mission là-bas est de « trouver des solutions et des mécaniques pour connecter les marques avec les consommateurs au moment le plus important : au point d’intérêt, lorsque le consommateur est intéressé, attentif et disponible pour consulter le message. » [Insert here le brol que vous vendez]

Maintenant, il vous faut trouver une photo.

Il vous faut absolument une photo avec un costume. Ca rassure les gens une photo en costume. Attention toutefois, si vous êtes informaticiens , il vous faudra plutôt un t-shirt ou un col roulé sous peine de passer pour un charlatan. Vous avez déjà vu quelqu’un coder en costume ?

Pas de cravate parce que les gens avec cravates sont trop sérieux que pour influencer.

Enfin, pas de sourire, un influenceur ne rit pas, il influence sinon il ne serait pas crédible.

Vous voilà dans le costume d’un influenceur et présent là où il faut influencer. Le problème c’est qu’il faut maintenant du contenu pour influencer.

Leçon N°3 : produire du contenu dans le but d’influencer.

Il y a deux types d’influenceurs. Ceux qui produisent du contenu et ceux qui sucent le contenu. ( la curation pour les défenseurs)

De toute façon, dans les deux cas, vous allez aussi sucer votre contenu jusqu’à la moelle. A noter que vous n’êtes pas obligés de produire votre propre contenu, c’est un bonus mais vous pourriez tout autant vous contenter de sucer le contenu des autres.

1. Produire son propre contenu

Grand défi que de produire son propre contenu. Pour autant , c’est très facile.

a. Le titre

Le plus dur, c’est de créer le titre. La plupart des gens ne lisent que le titre.

L’article ? ca prend trop de temps. Votre contenu n’est finalement juste que de la nourriture à tweet destiné à que les autres influenceurs se touchent sur leurs statistiques de raccourcisseur d’url. Tout ce que vous avez besoin est d’avoir un bon titre.

Exemple: Les campagnes de marketing réussies dans les médias sociaux pour cibler les femmes.

Titre bien sexy, on voit déjà tout le monde se dire mais comment puis-je viser les femmes dans ma communication. On clique donc et on arrive sur les 4 ETAPES ( ici c’est 4 parce que c’est toujours aussi court que 5 mais il faut avoir quand même un doigt de libre pour tweeter l’article) :

Dans cet esprit, et dans les 4 étapes décrites ci-dessous, nous allons voir comment cibler efficacement les femmes et accroître la visibilité de votre entreprise :

– Mener des recherches : Utilisez des outils des médias sociaux comme Facebook, Myspace, Twitter et découvrez ce que font les femmes, ce qu’elles aiment, ce qu’elles veulent et vous aurez une idée de ce qu’elles recherchent et comment votre entreprise sera en mesure de les aider.
– Utiliser les grands médias sociaux : Utilisez les outils de communication à votre disposition, ainsi créer une page ou un groupe dans Facebook et MySpace, votre compte Twitter et faites des offres de rêve pour promouvoir vos produits et vos services. Mais attention! Ne créez pas des pages et des comptes qui ne seront jamais utilisés! Utilisez votre imagination et donnez beaucoup de petites astuces et des idées permettant d’attirer et de conserver l’attention de votre cible.
– Utiliser le réseau social: faites habilement la promotion de votre entreprise, après avoir étudié ce que les femmes désirent sur les réseaux sociaux, mettez en place des campagnes ciblées de marketing pour atteindre efficacement les utilisatrices.
– Créer votre façon d’interagir : Au lieu d’acheter un espace traditionnel pour faire une annonce publicitaire, créer des façons de faire : conviviale et séduisante, des rabais, des concours et des campagnes virales pour capter leur attention. L’attention des clientes étant captée, on gagne également de la visibilité parmi leur amies. De cette façon, vous pourrez maximiser votre visibilité et vous obtiendrez de nouvelles clientes potentielles.

http://www.blackat.fr/les-campagnes-de-marketing-reussies-dans-les-medias-sociaux-pour-cibler-les-femmes.html

Vous voyez, rien n’est dur. Vous expliquer que pour viser les femmes sur les réseaux sociaux, il faut DECOUVRIR les femmes, ce qu’elles aiment, ce qu’elles veulent. Ensuite vous utilisez les grands médias sociaux, on remet un point sur utiiser le réseau social, distinguez-vous. Bref, rien de dur.

b. Les bad buzz ou les community managers

Je ne peux que vous conseiller de parler de bad buzz ou de community manager pour prouver votre expérience. Sachez une chose, c’est que sur les bad buzz et le community management: personne n’est jamais d’accord.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/736421-bad-buzz-cuisinella-une-video-ratee-mais-une-prise-de-risque-marketing-bienvenue.html .

Spécialiste du web, CEO de son entreprise mais capable de dire qu’une publicité à la télévision est exactement pareille à une vidéo sur le Web dans le but d’avoir du buzz.

Tout est possible cher influenceur.

c. Se servir de son contenu jusqu’à la moelle

Maintenant que vous avez créé du contenu, il faut le monétiser, le rendre bancable, bref: l’épuiser jusqu’à la moelle. Retweeter donc le 40 fois minimum. J’ai appris ca de mes amis américains:

https://twitter.com/DMDForum

Cela fait maintenant un an qu’il retweet sans cesse ses articles, mêmes les liens sont désormais hors-service et pourtant il draine encore 3500 fans sur Twitter qui sont plus que content d’avoir des  » Email is dead? Rly ? » à longueur de journée ! Les influencés je vous disais …

2. Sucer le contenu des autres

La meilleure et la plus rapide des solutions. Cher désormais bon influenceur, sache que le World Wide Web est arrivé à sa version 3.0.

  • Dans la version 1.0 , il fallait créer des sites, seuls les geeks ou les entreprises y avaient accès
  • Dans la version 2.0 , n’importe qui pouvait dire n’importe quoi n’importe où grâce aux blogs et aux réseaux sociaux
  • Dans sa version 3.0 , n’importe qui peut s’attribuer le contenu de n’importe qui à son propre avantage et pour créer sa propre influence et ceci sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit.

Sache de toute façon que le n’importe qui à qui appartient le contenu sera content que tu republies celui-ci et ce même si tu prends ta commission au passage vu que tu lui ajoutes de l’influence. Tu ne seras finalement qu’une major de disque tel Universal. Peut-être même qu’à la mort de celui dont tu as sucé son contenu, tu pourras t’écrier  » Tous ses grands succès sont sur mon scoop.it »

A. Créer sa plateforme

Pour ce faire ,inscris-toi sur paper.li ou scoop.it . Paramètre-le de façon à ce que tout soit publié sur Facebook, Twitter, etc. N’ais pas peur s’il saute, les influencés s’en foutent, regarde plutôt:

B. Choper son contenu

L’étape la plus dure est réalisée. Choper du contenu? rien de plus simple.

Soit vous voler le contenu d’autres scoop.it sur vos sujets soit vous partez à la recherche de vrais influenceurs.

Comment reconnaît-on un vrai influenceur? C’est très simple. Ce sont ceux qui ont un grand nombre de followers mais qui follow à peine 100 à 300 personnes.

Il te suffira d’attendre pour retweeter/scooper leur contenu. Vous voilà avec le costume d’un influenceur, la présence d’un influenceur et le contenu. Il ne vous manque qu’une seule chose : des influencés.

Leçon N°4 : Choper des influencés

Il faut considérer les influencés comme du bétail, du kilo de followers. Depuis que le blogueur Cyroul a niqué la solution d’avoir une bonne armée de chinois achetée à bas prix , il a fallu trouver une meilleure solution. ( quoi qu’apparemment cela revient à la monde: http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-marche-des-faux-abonnes-twitter-en-plein-essor-54253.html )

Cette solution , je l’ai trouvée récemment par un vrai influenceur.

1. Ajoutez masse twittos

La technique, visez les petits comptes, ceux-ci ont encore une alerte mail lorsque vous les follower. Il faut aussi qu’ils aiment également le contenu que vous proposez. Donc ils reçoivent ceci dans leur boîte:

Notez son nombre d’abonnements et d’abonnés. Cela date du 18 juin 2013 à 14:09:35

Attendez que votre proie morde à l’hameçon et qu’à la vue de vos tweets, elle ne voie que le titre. ( je ne suis tombé que le 28, soit 10 jours plus tard)

Crédule, elle se dira que cela peut correspondre au type de contenu qu’elle apprécie. Elle vous ajoutera. Et c’est là que vous vous servirez de l’outil de management du bétail.

Vous savez, le  gérant de bétails, il compte son bétail, il regarde la date à laquelle il faut abattre chaque bête, etc.

Pour Twitter, ce gérant de bétail c’est : Just Unfollow.

Il vous permettra de tout faire, voir ceux qui, bâtards, ne vous suivent pas en retour. Ceux qui ont posé l’affront de vous unfollow, ceux qui ne tweet plus depuis la période que vous souhaitez et ne peuvent plus être pillés : bref tout pour votre bétail.

De plus, si vous êtes un influenceur du type tyran, vous pourrez annoncer à tous vos followers que vous ne rigolez pas:

2. Engagez-les sur vos plateformes Klout

Just Unfollow vous permettra aussi de paraître gentil ( en apparence) puisqu’elle permet d’envoyer un message privé à vos nouveaux followers:

Magnifique outil.

Soyez malin, attendrissez le bétail avec un merci de me suivre selon un modèle d’accroche publicitaire. Ensuite, lâchez votre call to action : il faut que ce bétail fournisse tout son jus en nourrissant votre Klout aussi sur Facebook.

( Le seul problème de cet outil est qu’il annonce que vous l’utilisez. Ca parait un peu con d’envoyer un message privé pour dire merci de me suivre alors que celui-ci est automatisé.. Mais bon, l’engagement Klout est à ce prix ! )

3. Unfollower

Une fois que vous aurez tiré tout son jus, unfollowez ces clampins qui n’ont désormais plus aucune utilité. Pire, ils traînent votre Klout vers le bas.

Egalement, si vous voulez éviter toute influenceur factice qui aurait lu mes 5 leçons, sachez qu’un influenceur bidon est quelqu’un qui a 2 à 3 fois plus de followers que de Tweet.

4. Enjoy

La méthode marche, regardez vous-même , 10 jours plus tard:

163 following de moins et 733 followers en plus!

Notez que cet exemple est un maitre puisque tous ses tweets mènent en fait vers sa page Facebook avec une énorme valeur ajoutée:

Leçon N°5 : Engagez vos influencés

Maintenant, vous voilà grand influenceur. Il n’y a plus qu’à augmenter votre Klout en engageant vos followers.  Pour ce faire, regardez simplement tous ces articles qui pullulent pour être le plus retweeter, repiner, liker. Au final, ce que vous mettrez n’aura plus aucun sens, aucune passion et la maxime  » A force de vouloir plaire à tout le monde, il ne plaira à personne » prendra tout son sens mais qu’importe, vous êtes là pour du Klout.  Il vous restera toujours les bonnes vieilles recettes où les influencés tombent toujours dans le panneau:

Il est maintenant temps de vous quitter grand influenceur. Au final, si vous avez fait les 5 leçons, au bout de quelque temps vous aurez finalement le fruit de tout votre travail à faire cela pendant des nuits et des nuits:

N’oubliez pas que sur le web, il y a les influenceurs et les influencés.

Maintenant , je vous laisse profiter de votre influence.

Moi finalement, je crois que je préfère mon petit blog avec moins de 5 tweets par articles ( dont 90% sont de moi 🙂 ) ainsi que mes 90 followers dont 20 amis universitaires et 10 spams.

De plus, je crois qu’à ce stade de l’article, j’ai déjà perdu tous mes lecteurs à cause de sa longueur non adaptée au web 2.0 en plus du fait que j’aurais du ne faire que 4 leçons pour leur laisser un doigt libre pour retweeter l’article. Décidemment je ne suis né pour être influencé.

Mais bon,  je m’en fous car de toute façon, j’ai déjà assez de Klout pour me faire embaucher par Quechua pour un stage !

Disclaimer : ce billet est purement humouristique. 

Je n’ai absolument rien contre la curation ou contre une personne en particulier. Je me contente de grossir les traits.

Je ne suis peut-être influencé mais pas assez fou pour me mettre à dos 20% de mon trafic !